ALAIN CAUNEILLE

Il est de ces villages dans le département de l’Aude, aux confins des Pyrénées où si un Homme ne fait pas l’histoire du moins il y contribue.

         Alain Cauneille trop tôt disparu en ce mois de janvier 2020 est l’un de ceux-là.

         Né à La Fajolle, en 1946, Alain a usé ses fonds de culotte à l’école communale de notre village. Sa vie professionnelle l’a emmené dans d’autres lieux, mais il avait toujours gardé au fond de son être son amour pour sa terre natale. Il n’y manquait pas de revenir dès que l’occasion se présentait.

         L’incompréhension était de mise lorsque nous apprîmes la terrible nouvelle. Pourtant il fallait se rendre à l’évidence, Alain ne serait plus des nôtres, pour participer à l’évolution de notre contrée. Alain n’irait plus chercher du bois, n’irait plus parcourir les forêts qu’il aimait tant pour cueillir morilles, cèpes et autres champignons, promenade qu’il affectionnait tout particulièrement.

         Alain venait au village non pas pour ressasser les vertus du passé mais toujours pour se tourner vers l’avenir, ajouter une note positive au devenir de La Fajolle. Alain, nous le connaissions tous, accompagné de Rose qui l’épaulait quotidiennement. Alain c’était qui ? Un vacancier, un de ceux qui viennent ici en pays conquis ? Non Alain ce n’était pas cela, Alain, c’était l’altruisme, le partage, le plaisir de rendre service à tous ceux qui vivaient dans notre monde. Alain, c’était celui qui respectait les nouveaux arrivants prodiguant des conseils éclairés comme lorsque notre Maire Marc décidé de vivre à La Fajolle.

         En ce 15 août 2021, à la demande d’un certain Romain, avec qui tu avais gagné le traditionnel concours de pétanque lors de la fête annuelle de 2019, l’association Lafajolaise a réuni l’ensemble de la population pour dédier à notre ami Alain un espace qui désormais portera ton nom. De ton œil attentif tu scruteras les gentilles tricheries des pétanqueurs en appréciant les carreaux réalisés sous tes yeux, bien que tu sois à un niveau inégalable.

         Salut Alain, tu étais une belle personne, que nous avons tous apprécié.

 

Alain, il y a quelques années sur l’espace qui lui est dédié – Photo J. Castel

Rose, et sa famille sous la plaque de l’espace “Alain Cauneille”

Photos Suzanne Ravail

 

CACHOU

Il est de ces villages dans le département de l’Aude, aux confins des Pyrénées où chaque être vivant peut prendre de grandes importances.

        Il en est ainsi à La Fajolle, où vous ne pouviez pas passer sans être attiré par la présence d’un gentil labrador nommée « Cachou ».

        Cette brave chienne, dotée d’une intelligence remarquable passait son temps auprès de nos villageois. Flanquée immanquablement de Christine on ne savait jamais qui de Christine ou de Cachou était le maître. Ce n’était pas qu’une compagne, c’était l’âme du village où elle aimait se faire caresser et aller chercher de temps en temps un peu de pitance.

        Certains pouvaient penser que seule la nourriture poussait Cachou à venir auprès d’eux, il n’en était rien Cachou était une épicurienne sensible à tous ceux qui lui faisait un cadeau.

        En ces premiers jours d’août, Cachou a décidé de quitter le village de La Fajolle, elle est partie en catimini, discrète comme toujours.

        Nous ne reverrons plus son air affable, ces beuveries auprès du « bar à toutous » qu’elle affectionnait tant.

        La Fajolle est heureux de t’avoir connu et au paradis des chiens tu pourras raconter la belle vie que tu as passé dans cette magnifique contrée.

        Tu reposes dans le cirque de Serrembarre au milieu de la nature, auprès des troupeaux et des animaux sauvages, du bruissement du Rec du Pradel, et à chacune de nos randonnées dans cette jasse, nous penserons à toi et t’enverrons une fleur sauvage en souvenir de notre mascotte.

 

 

ESTIVE 2021

 

Il est de ces villages dans le département de l’Aude aux confins des Pyrénées où les traditions sont enracinées depuis des centaines d’années.

        Terre d’élevage, les troupeaux bovins regagnent les hauts plateaux durant la période estivale.

        Le 29 mai, ne dérogeant pas à la tradition qui perdure depuis 1978, date de la création du Groupement Pastoral, nous partîmes en toute intimité (épidémie de Covid oblige) rejoindre le premier troupeau à prendre la direction des alpages.

        Sous la houlette du premier éleveur d’Espezel, Laurent Maugard et sa famille nous rejoignîmes le pré où la veille avait été parqué la majorité de son troupeau. Quelques soixante-neuf vaches adultes, accompagnées d’un taureau et des petits veaux attendaient impatiemment le départ vers cette montagne où l’herbe est plus verte.

        A quelques encablures de là, plus précisément au sommet du col d’Ubi, nous rencontrions le troupeau de Cédric Lacroix.

        Le soleil dardait de mille feux la vallée du Rébenty et le petit plateau. Vraiment la nature était merveilleuse et les fleurs des champs enchantaient notre odorat d’un parfum délicat et bucolique.

        Les vaches descendaient allègrement vers le Rébenty.

        Arrivées au Pont de Cros, une première halte s’imposait afin de laisser reposer les jeunes veaux, dont l’un d’entre eux fêtait à peine ses six semaines. Le long de la route départementale menant vers le col du Pradel, l’ensemble de des animaux se réjouissait d’une pâture aussi luxuriante.

        Entre temps c’est à Belfort que les bêtes de Lucien Rivié avaient démarré avec quelques minutes d’intervalle, ce cheptel rejoindrait sous peu les premières échappées.

        Traversant respectivement les villages de Mérial et La Fajolle, nos amies les vaches respectaient les belles plantations en prenant une allure digne des plus grands sprinteurs d’athlétisme.

        Aux alentours de 10h30 le premier troupeau conduit par les « guides-vaches » qui pour certaines d’entre elles accomplissaient ce parcours depuis plus de quinze ans atteignait le pont du « Saut de l’eau » pour s’égayer dans les estives après avoir franchi le pont du « Rec du Pradel ».

        Demie heure plus tard, c’est Belfort qui venait grossir le premier troupeau.

        Plus tard, dans la journée, celui-ci se trouvait déjà dans le cirque de Serrembarre où l’herbe abondante en cette saison et l’eau claire des sources captées assuraient la bonne installation de nos amis bovins.

        Les éleveurs du groupement pastoral du Pays de Sault pouvaient savourer des jours plus tranquilles en sachant que l’estive était assurée par un pâtre aux compétences et au dévouement hors normes qui veille attentivement sur l’ensemble du sérail.

        Plus tard, quelques jours voire quelques semaines après, les troupeaux de Corinne Sire de Saint Férriol et Henri Lacombe de Bouisse grossiraient encore le cheptel Lafajollois.

        C’est parti pour cinq mois d’estives où progressivement chaque étable rejoindrait ses lieux de prédilection : les hauts de Serrembarre, les crêtes du Silhol, les prés du parc des Agnels, les abreuvoirs de Tibiac, les sommets du Sarrat des chèvres et de Pailhères.

        Bonnes vacances à nos amis les bovins, en espérant que dès l’année prochaine la fête de l’estive soit complète et que tous les amis de la nature puissent participer à cet événement annuel en suivant les troupeaux et découvrir la merveilleuse nature de notre commune La Fajolle.

 

LE PILIER D’ENTREE DU VILLAGE

Il est de ces villages dans le département de l’Aude aux confins des Pyrénées où les habitants tiennent à conserver et mettre en valeur les vestiges du passé témoins de l’histoire de notre commune.

        Alors, à l’occasion de travaux de voirie, lorsqu’une dalle de pierre a été découverte au hasard d’un coup de pelleteuse, nous avons cru bon de savoir à quoi cette magnifique pierre pouvait bien servir ?

        En fait la mise en place des réseaux d’assainissement et la mise en conformité de l’adduction de l’eau potable empruntaient le site de l’ancien cimetière de La Fajolle en face de l’église.

        Un peu de retour sur le passé permet de comprendre comment cette dalle se trouvait là. « En 1754 le cimetière était situé près de l’église au centre du village. » Le 31 janvier 1920 une lettre du maire contient les propos suivants : « Le cimetière est situé au milieu du village le long du chemin de grande communication N° 107 dont il gêne considérablement la circulation : pour ce dernier motif et aussi pour cause d’hygiène, la commune désire opérer la translation en dehors et à l’aval du village » ⁽¹⁾

        Donc c’est bien les vestiges de l’ancien cimetière qui se trouvait là et deux dalles monumentales constituaient semble-t-il l’entrée dudit cimetière.

        L’une d’entre elle fait office actuellement de monument aux morts, l’autre découverte il y a peu de temps se devait d’être réhabilitée. Il a donc été décidé d’ériger celle-ci à l’entrée du village et mettre en exergue son passé.

        Le devoir de mémoire est essentiel pour comprendre et apprécier la vie antérieure de nos communes. Toutes les marques du passé doivent être protégées afin que nous et les futures générations sachions que nous sommes dépendants de nos ancêtres qui nous ont laissé de magnifiques cadeaux : alors, comme l’a si bien écrit une habitante du village :

« Tant que les femmes et les hommes auront une histoire intime avec leur territoire, ils en seront les défenseurs ».

      Méditons ces quelques mots et faisons les nôtres, afin que dans les siècles à venir, nos descendants soient fiers de ce que nous avons fait pour construire pied à pied l’histoire de La Fajolle.

EXPO PHOTOS “LA FAJOLLE HIER”

Quand on est à La Fajolle, il ne se passe pas un jour sans que les quelques résidents n’évoquent une personne qui a marqué la vie de notre village.

A travers ces plus de 100 ans de vie, nous avons souhaité que les quelques clichés présentés ici, donnent un visage à ces noms et montrent l’évolution de la structure et des habitudes de vie du village. Certains se reconnaitront, d’autres reconnaitront l’un des leurs, d’autres enfin ne reconnaitront rien mais sauront qu’avant des femmes et des hommes ont façonné notre village.

Loin de nous l’idée d’être nostalgique au contraire, prenons exemple sur ces GENS pour aller de l’avant en n’oubliant pas que nous aussi avons une mission pour pérenniser les acquis que ces GENS nous ont transmis.

Ces quelques clichés ont pu être reproduits grâce au prêt de vieilles photographies que certains ont eu la gentillesse de nous transmettre, à ce titre nous remercions très chaleureusement : Charles Thénégal, Odette Lanchier, Yvette Marchand, Nicole Gonzalez, Andrée Théron, René et Anne-Marie Descous, Jean-Pierre Lafourcade, Mireille Rosset, Andrée et Joseph Stivanin, Jackie Marty, Claude-Marie Robion.

A la vue de ce regard dans le rétro, peut-être d’autres personnes qui possèdent eux aussi des témoignages du passé pourront enrichir cette collection.

Notre série de photos n’est pas exhaustive, et ce sera avec un grand plaisir que nous pourrons continuer à compléter ce kaléidoscope de femmes, d’hommes et de paysages qui ont marqué la vie de La Fajolle.

Cette expo proposée par l’association Lafajolaise est visible à l’église de notre village, pour vous donner envie de la découvrir, voici quelques clichés :

 

Hêtre ou ne pas être

                                    

 Naissance d’un hêtre………………………………….le hêtre adulte                                          
 

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